﻿Bulletin municipal — format long
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Ce que les fuites de données de cet été changent pour vous

Depuis le début du mois d'août, plusieurs fichiers contenant des données personnelles de Français ont été diffusés ou mis en vente. Certains incidents sont officiellement confirmés : la DGCCRF a annoncé le 12 août que trois millions de numéros de téléphone avaient été exposés depuis le service Bloctel, dont six cent mille appartenant à des personnes qui s'y étaient inscrites précisément pour ne plus être démarchées. D'autres incidents sont revendiqués par leurs auteurs sans avoir été confirmés par les organismes concernés ni par une autorité publique : ils doivent être considérés avec prudence.

Ce qui compte n'est pas le volume. C'est l'usage qui en est fait.

Une donnée volée ne sert presque jamais à voler directement. Elle sert à rendre un appel crédible. Quand une personne vous téléphone en connaissant déjà votre nom, votre mutuelle, votre banque, votre date de naissance ou le motif de votre dernier rendez-vous médical, le réflexe de méfiance ne se déclenche pas. On ne se méfie pas de quelqu'un qui semble déjà tout savoir.

C'est le renversement à comprendre : les informations qui servaient autrefois à prouver qu'un interlocuteur était légitime servent aujourd'hui à prouver le contraire.

La règle qui protège est courte. Ne jugez plus un correspondant sur ce qu'il sait, mais sur ce qu'il demande.

Aucun organisme légitime — banque, caisse d'assurance maladie, mutuelle, service des impôts, opérateur téléphonique, mairie — ne vous demandera jamais par téléphone, par SMS ou par message : un code reçu par SMS, un mot de passe, vos identifiants de connexion, un virement immédiat, ou l'installation d'un logiciel permettant de prendre la main sur votre ordinateur. Si l'un de ces éléments vous est demandé, la conversation s'arrête là, quelle que soit la précision des informations que votre interlocuteur possède sur vous.

Le geste à retenir : raccrochez, puis rappelez vous-même l'organisme au numéro qui figure sur votre carte, votre facture ou votre contrat — jamais au numéro donné pendant l'appel.

Enfin, en parler autour de soi reste la meilleure protection qui existe. Une arnaque fonctionne d'abord parce que la personne visée est seule au moment de décider.

Source : Egidio — Laboratoire des menaces, egidio.app — Contenu sous licence CC BY 4.0

