Les chiffres
Chronologie
🎯80 %, et ce n'était pas un public négligent
C'est le chiffre le plus instructif de toute cette affaire, et il ne parle pas de technique. Les destinataires étaient des officiers publics — des professionnels du droit, tenus à un devoir de vigilance, dont le métier consiste à vérifier l'authenticité de documents. Quatre sur cinq ont cliqué. Non par imprudence, mais parce que le fichier arrivait d'un confrère identifiable, depuis son adresse réelle, dans un fil d'échanges plausible. Aucune formation ne protège contre un expéditeur authentique : c'est le canal lui-même qui était devenu le vecteur.
💸Le RIB remplacé, et pourquoi ça vous concerne
Le détournement principal ne repose sur aucune prouesse : on substitue les coordonnées bancaires d'un bénéficiaire juste avant la transaction. Dans le notariat, la transaction s'appelle souvent l'achat d'un logement, et le virement est celui de toute une vie. Si votre étude est compromise, le message qui vous transmet le RIB peut être parfaitement authentique dans sa forme, son expéditeur et son historique — et faux dans un seul champ.
📜Le scénario redouté qui ne s'est pas réalisé
En raison de la profondeur des accès obtenus, l'ANSSI a envisagé que les attaquants puissent générer de faux actes notariés — ventes immobilières, donations, contrats de mariage. Il faut dire les choses dans l'ordre : ce risque a été redouté, et aucun acte authentique falsifié n'a été identifié. Les attaquants semblent n'avoir cherché que l'argent. C'est une bonne nouvelle, pas une garantie rétrospective.
Ce que ça change pour vous
Si vous avez une vente, une succession ou une donation en cours, la règle tient en une phrase : un RIB reçu par e-mail ne se vérifie pas par e-mail. Appelez l'étude sur un numéro que vous avez trouvé vous-même — annuaire officiel, courrier papier, votre historique d'appels — et faites-vous confirmer les coordonnées bancaires de vive voix avant tout virement. Le numéro figurant dans le message suspect ne sert à rien : s'il est faux, il vous mettra en relation avec la personne qui vous escroque. Voir De la fuite à l'arnaque.
Questions fréquentes
Que s'est-il passé chez les notaires français ?
Selon l'enquête du Monde du 3 septembre 2026, sur documents internes de l'ANSSI et du CSN, plus de 500 offices — environ 7 % des études — ont été compromis pendant près de deux ans à partir de décembre 2022, pour 35 à 40 millions d'euros détournés selon une estimation de l'ANSSI présentée comme basse.
Comment l'argent a-t-il été détourné ?
Par substitution de RIB — remplacer les coordonnées bancaires d'un bénéficiaire avant la transaction — et par fraude au président, en usurpant l'identité d'un notaire pour faire ordonner un virement.
Pourquoi 80 % des destinataires ont-ils cliqué ?
Parce que le document venait d'un vrai notaire, depuis son vrai système, déjà compromis — c'est l'explication avancée par Le Monde pour expliquer ce taux de clic rapporté.
De faux actes notariés ont-ils été créés ?
Non. L'ANSSI avait redouté ce scénario, mais aucun acte authentique falsifié n'a été identifié selon le CSN et les sources citées par Le Monde.
Que faire si mon notaire m'envoie un RIB ?
Appelez l'office sur un numéro trouvé par vous-même — jamais celui du message — et faites confirmer les coordonnées bancaires oralement avant de virer.
Pour aller plus loin
Egidio — Laboratoire des menaces, « Notaires : 500 offices piratés, et 80 % de clics sur le piège », egidio.app/laboratoire/notaires-cyberattaque-500-offices-rib-detournes/. Licence CC BY 4.0.
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Sources. Ce dossier s'appuie sur Cyberattaque.org, agrégateur spécialisé qui relaie des revendications — pas une source primaire. L'article précis n'est pas lié ici. Aucune source primaire publique n'a été identifiée lors de la vérification du 7 septembre 2026.