Egidio
Ce que le gratuit coûte vraiment

Le prix invisible.

Deux des plus grands noms du filtrage d'appels sont cotés en bourse. Leurs comptes sont publics, audités, obligatoires. On n'a rien eu à deviner — juste à lire. Voici ce qu'ils disent, dans leurs propres mots.

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Le modèle, dans leurs propres comptes

Truecaller (Nasdaq Stockholm) et Gogolook, l'éditeur de Whoscall (Bourse de Taïwan), sont les deux seuls acteurs de cette catégorie à publier des comptes audités. Pas d'estimation, pas de fuite — des rapports financiers officiels, déposés auprès de leurs régulateurs boursiers respectifs.

1 912,2 M SEK chiffre d'affaires net de Truecaller pour l'année 2025 (≈170 M€). La publicité y reste le premier poste de revenus, même si sa part recule face à l'abonnement (-22% de revenus publicitaires au 4e trimestre 2025, en devises constantes). Truecaller AB, Year-End Report 2025 (rapport officiel audité)
NT$1,05 Md chiffre d'affaires consolidé de Gogolook (Whoscall) en 2025. Fait notable : contrairement à Truecaller, l'abonnement (NT$333,9 M) y dépasse déjà légèrement la publicité (NT$332,3 M) sur cet exercice. Gogolook Co., Ltd., états financiers consolidés 2025 (rapport officiel audité)

Nous ne nommons ici que ce que ces deux entreprises publient elles-mêmes. Aucun autre acteur de la catégorie ne publie de comptes équivalents — un fait, pas un jugement.

Ce que ça vaut, concrètement

Une fois qu'on sait que la publicité finance le service, la question suivante est simple : combien vaut, pour l'industrie, l'attention et les données d'un utilisateur gratuit ?

≈ 2 SEK / an
ce que rapportent les revenus publicitaires de Truecaller, par utilisateur actif mensuel, sur la base du 4e trimestre 2025 annualisé (255,2 M SEK de revenus publicitaires ÷ 454,2 millions d'utilisateurs actifs mensuels, × 4 trimestres — estimation basée sur un seul trimestre, à prendre comme un ordre de grandeur).
Calcul propre à partir de Truecaller AB, Year-End Report 2025
≈ 263 $ / an
c'est l'estimation, tous secteurs confondus, de ce que valent les données d'une personne pour l'ensemble de l'industrie publicitaire en ligne — pas seulement pour l'application qui les collecte en premier. L'écart avec le chiffre ci-dessus donne une idée de ce qui se joue en aval, hors de vue de l'utilisateur.
Proton, « What's your data really worth? » (2025)

Vos proches n'ont rien signé

Le mécanisme le plus documenté de la catégorie n'est pas la publicité — c'est la copie du carnet de contacts. Quand un utilisateur installe ce type d'application, les noms et numéros de ses proches sont souvent versés dans la base de données du service, sans que ces personnes n'aient jamais rien installé ni rien accepté.

Ce n'est pas une hypothèse. Le régulateur turc de protection des données (KVKK) a pris le 21 décembre 2017 une décision de principe (n°2017/61) constatant exactement ce mécanisme sur les applications de « service d'annuaire » — décision qui a conduit, sur demande de l'autorité des télécommunications turque (BTK), au blocage judiciaire de 70 applications de ce type pendant 3 ans et 3 mois, Getcontact compris. Séparément, le régulateur nigérian (NITDA) a ouvert dès 2019 une enquête sur la fonctionnalité « Enhanced Search » de Truecaller, pour le même motif : des numéros de personnes n'ayant jamais installé l'application, rendus consultables via l'app par des tiers.

Le double paiement

Sur une application gratuite financée par la publicité, la facture ne s'arrête pas à « 0 € ». Elle se scinde en deux, et une seule des deux moitiés est visible au moment de l'installation :

Ce qui est visible

Prix affiché0 €
Version Premium (exemple Truecaller)payante, sans pub

Ce qui ne l'est pas

Publicités subiescontinues
Données partagées avec des tiersselon l'app, voir tableau ↓
Contacts de vos prochespotentiellement inclus

Ce qu'ils déclarent eux-mêmes

Chaque application Android publie sur Google Play une fiche « Sécurité des données » — remplie par le développeur lui-même. Voici, ligne par ligne, ce que déclarent les cinq applications les plus installées de la catégorie, capturé le 25 juillet 2026 :

Déclaration officielle Truecaller Whoscall CallApp Getcontact Hiya Egidio*
Partage de données avec des tiers Oui Oui Oui Oui Oui Non publicitaire
Collecte des contacts Oui Oui Oui Oui Oui Non
Collecte de la position Oui (approx. + exacte) Oui (approx. + exacte) Non
Collecte de l'audio Oui Oui Non
Contenu SMS/messages partagé avec des tiers Oui Non
Données chiffrées en transfert Oui Oui Non Oui Oui Oui
Connexion sécurisée en transfert Oui Oui Non Oui Oui Oui

Sources : fiches officielles « Sécurité des données » Google Play, capturées le 25/07/2026 — Truecaller · Whoscall · CallApp · Getcontact · Hiya. *Colonne Egidio : vérifiée par lecture directe du moteur de détection (traitement 100% local, aucun accès réseau dans les chemins de détection), en amont de la publication de l'application sur Google Play — à recapturer sous forme de fiche officielle dès la mise en ligne.

Ce que ce tableau montre, et ce qu'il ne montre pas. Ces fiches sont déclaratives : chaque développeur les remplit lui-même, et Google précise sur chaque page qu'elles « peuvent être modifiées ultérieurement ». Nous ne rapportons ici que ce qui est écrit noir sur blanc, sans y ajouter d'interprétation. Le mot exact employé par Google est « partage » — nous ne le remplaçons jamais par « revente ».

Pourquoi c'est structurellement différent chez Egidio

Le moteur de détection d'Egidio tourne entièrement sur l'appareil. Aucun contenu d'appel, de SMS ou de message ne quitte jamais le téléphone pour être analysé ailleurs — ce n'est pas une politique qu'on pourrait changer un jour, c'est une architecture : les modules de détection n'ont tout simplement pas d'accès réseau.

Le prix ne finance donc pas un modèle publicitaire tiers à combler. Il finance le service, point final. C'est l'asymétrie inverse de celle du reste de la catégorie : là où « gratuit » signifie souvent « financé par ailleurs », chez Egidio le prix est la preuve qu'il n'y a rien à financer ailleurs.

Questions fréquentes

Pourquoi la plupart des applications de filtrage d'appels sont-elles gratuites ?

Parce qu'un modèle publicitaire finance le service. Deux acteurs majeurs de cette catégorie sont cotés en bourse et publient leurs comptes : chez l'un comme chez l'autre, la publicité représente une part significative du chiffre d'affaires — ce n'est pas une accusation, c'est ce que leurs propres rapports financiers déclarent.

Ces applications revendent-elles mes données ?

Leurs propres fiches officielles Google Play déclarent, pour chacune des cinq applications examinées, un partage d'au moins une catégorie de données avec des tiers, et une collecte des contacts sans exception. Le terme exact employé par Google est « partage », pas « revente ».

Comment mes proches peuvent-ils se retrouver dans une base de données sans avoir installé l'application ?

Par l'upload du carnet de contacts d'un utilisateur. Ce mécanisme a été documenté par le régulateur turc (décision KVKK n°2017/61) comme motif d'une interdiction judiciaire visant 70 applications de ce type, et par le régulateur nigérian pour la fonctionnalité « Enhanced Search » de Truecaller.

Le prix d'Egidio est-il justifié si d'autres apps sont gratuites ?

Le prix couvre le service — il ne finance pas un modèle publicitaire tiers. Le moteur de détection fonctionne 100% sur l'appareil, sans envoi du contenu des appels, SMS ou messageries, sans collecte de contacts, sans partage à des annonceurs.