1. Ampleur mondiale des arnaques
Le spam et l'arnaque ne sont plus un phénomène marginal : ils touchent une majorité d'adultes connectés dans le monde, avec des pertes financières qui se comptent désormais en centaines de milliards de dollars par an.
Seule une infime partie des victimes récupère son argent : selon GASA, 4% seulement des victimes dans le monde parviennent à se faire rembourser — un chiffre qui explique en partie pourquoi la prévention en amont compte davantage que la réaction après coup.
2. Notifications, attention et charge cognitive
Au-delà du risque financier direct, la recherche en psychologie cognitive documente depuis près de vingt ans le coût réel des interruptions numériques sur l'attention — un terrain que le spam et les tentatives d'arnaque viennent aggraver, puisqu'ils ajoutent des sollicitations non désirées à un flux déjà saturé.
Le coût des interruptions
Les travaux fondateurs de Gloria Mark (UC Irvine) sur l'interruption au travail montrent qu'il faut un temps significatif pour retrouver le même niveau de concentration après une interruption. Dans son livre Attention Span (2023), elle documente que la durée moyenne d'attention portée à un écran, mesurée sur le terrain, est tombée à environ 47 secondes. Sophie Leroy (2009) a par ailleurs formalisé le concept de « résidu attentionnel » : une partie de l'attention reste accrochée à la tâche interrompue, dégradant la performance sur la tâche suivante — un mécanisme directement pertinent pour comprendre l'effet d'une notification non sollicitée.
Notifications et hyperactivité attentionnelle
Une étude expérimentale de Kushlev, Proulx & Dunn (CHI 2016, 221 participants, une semaine notifications activées vs désactivées) a montré que les notifications actives augmentent significativement les symptômes d'inattention et d'hyperactivité, avec un effet négatif mesurable sur le bien-être et la productivité perçue.
La simple présence du téléphone
Une étude souvent citée (Ward, Duke, Gneezy & Bos, 2017) a montré que la simple présence d'un smartphone à proximité — même éteint — peut réduire la capacité cognitive disponible, l'effet étant plus marqué chez les utilisateurs les plus dépendants à leur appareil. Une méta-analyse plus récente (2023) nuance toutefois l'ampleur de cet effet, le trouvant plus faible et moins constant selon les échantillons — un point de prudence scientifique à conserver.
« Vibrations fantômes »
Le phénomène des vibrations fantômes — ressentir une notification qui n'a pas eu lieu — a été documenté dans plusieurs études, avec des taux allant d'environ 54% à plus de 90% selon les populations étudiées (personnel médical, étudiants), signe d'un état d'alerte permanent entretenu par le flux de sollicitations.
Extension de soi et surcharge numérique
Sur le plan théorique, la recherche en psychologie de la consommation (Belk, 1988 puis 2013) décrit le smartphone comme une véritable extension du soi — un objet vécu non pas comme un simple outil, mais comme un prolongement de l'identité. Des travaux plus récents (Park & Kaye, 2019) confirment que les utilisateurs intensifs vivent leur téléphone comme une extension fonctionnelle et quasi ontologique d'eux-mêmes. Cette proximité affective explique pourquoi la pollution constante de l'appareil par le spam et les tentatives d'arnaque a un impact qui dépasse la simple gêne technique : elle s'apparente à une intrusion dans un espace personnel. Des méta-analyses récentes sur la nomophobie (peur d'être séparé de son téléphone) estiment qu'environ 20% des personnes étudiées présentent des symptômes sévères et environ 50% des symptômes modérés.
3. Impact psychologique sur les victimes d'arnaques
Être victime d'une arnaque n'est pas qu'une perte financière. La recherche institutionnelle et académique documente des conséquences psychologiques significatives, souvent minimisées.
Une revue systématique publiée dans Frontiers in Psychology (2026) sur les séquelles psychosociales de la victimisation par fraude conclut que celle-ci est associée à l'anxiété, la dépression, la honte et une érosion durable de la confiance — des conséquences que les systèmes de soin reconnaissent encore insuffisamment. AARP documente également, dans son accompagnement des victimes, des cas allant jusqu'au stress post-traumatique dans les suites d'une arnaque, la honte étant le principal frein au signalement.
4. Spécificités régionales
L'exposition au spam et aux arnaques varie fortement selon les régions du monde, à la fois par volume et par typologie. Egidio n'a pas de préférence géographique : la donnée montre que le problème est mondial, avec des points chauds identifiés.
En Afrique, Interpol documente la fraude via mobile money comme un vecteur central du crime organisé sur le continent, dans un contexte où le paiement mobile joue un rôle économique beaucoup plus central qu'en Europe ou en Amérique du Nord.
5. Seniors et populations vulnérables
La recherche académique affine la lecture : une revue systématique publiée dans Frontiers in Psychology (2022) souligne qu'il n'existe pas de preuve solide que les seniors soient globalement plus souvent victimisés que le reste de la population — en revanche, ils perdent en moyenne beaucoup plus par incident, et certains facteurs (isolement social, déclin de la mémoire épisodique, ralentissement du traitement de l'information) augmentent leur vulnérabilité face à des scénarios spécifiques. Une étude publiée dans PNAS Nexus (2024) associe la vulnérabilité au phishing à la combinaison de l'âge, d'un marqueur génétique (APOE e4) et d'un niveau de cognition plus bas ; les travaux du Rush Memory and Aging Project montrent par ailleurs qu'un déclin cognitif léger, même non diagnostiqué, prédit une susceptibilité accrue aux arnaques.
Pourquoi cette recherche compte pour Egidio
Ces données confirment deux principes qui guident la conception d'Egidio : bloquer le spam et les arnaques n'est pas qu'une question financière, c'est aussi une manière de redonner le contrôle sur son attention et de réduire une charge mentale documentée par la recherche. Et la vulnérabilité aux arnaques n'étant pas uniforme, une protection efficace doit être globale et adaptative plutôt que pensée pour un seul marché ou une seule tranche d'âge.
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Chaque chiffre cité sur cette page provient d'un rapport officiel (régulateur, agence gouvernementale), d'une étude académique publiée, ou d'un rapport d'entreprise clairement identifié comme tel. Nous excluons volontairement les statistiques que nous n'avons pas pu vérifier auprès d'une source primaire. Cette page est mise à jour au fil des nouvelles publications.
- FBI Internet Crime Complaint Center (IC3) — Annual Report 2024, Elder Fraud Report 2024 ic3.gov
- FTC (Federal Trade Commission) — Consumer Sentinel Network Data Book 2024
- UK Finance — Annual Fraud Report 2025
- ACCC / National Anti-Scam Centre — Targeting Scams 2024 (Australie)
- Banque de France — Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rapport 2024
- GASA (Global Anti-Scam Alliance) — Global State of Scams 2025
- UNODC — "Inflection Point" (2025), fraude organisée en Asie du Sud-Est
- Interpol — Mobile money and organized crime in Africa
- Truecaller Insights 2025
- FINRA Investor Education Foundation — Non-Traditional Costs of Financial Fraud (2015)
- Gloria Mark, Attention Span (2023) ; Sophie Leroy, "Attention Residue" (2009)
- Kushlev, Proulx & Dunn, CHI 2016 ; Ward, Duke, Gneezy & Bos, JACR 2017
- Belk (1988, 2013) ; Park & Kaye (2019)
- Frontiers in Psychology (2022, 2026) ; PNAS Nexus (2024) ; Rush Memory and Aging Project