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Arnaques, spam et charge mentale : ce que disent les études

Une synthèse sourcée — rapports officiels, régulateurs et recherche académique — sur l'ampleur mondiale des arnaques, leur coût psychologique, et l'effet des notifications et du spam sur l'attention et le stress. Chaque chiffre est attribué à sa source d'origine.

1. Ampleur mondiale des arnaques

Le spam et l'arnaque ne sont plus un phénomène marginal : ils touchent une majorité d'adultes connectés dans le monde, avec des pertes financières qui se comptent désormais en centaines de milliards de dollars par an.

16,6 Md$ Pertes signalées aux États-Unis en 2024 (+33% sur un an), 859 532 plaintes. FBI Internet Crime Complaint Center (IC3), Annual Report 2024
12,5 Md$ Pertes déclarées à la FTC en 2024 (+25%). L'email reste le 1er canal de contact des fraudeurs, devant les appels et les SMS. FTC, Consumer Sentinel Data Book 2024 (mars 2025)
1,17 Md£ Pertes au Royaume-Uni en 2024. 70% des fraudes par virement autorisé démarrent en ligne. UK Finance, Annual Fraud Report 2025
2,0 Md AU$ Pertes en Australie en 2024, en baisse de 25,9% grâce aux mesures de lutte anti-fraude. ACCC / National Anti-Scam Centre, Targeting Scams 2024
1,19 Md€ Fraude sur moyens de paiement en France en 2024. Le faux conseiller bancaire (spoofing téléphonique/SMS) représente à lui seul environ un tiers du total. Banque de France / Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), 2024
57% des adultes dans le monde ont été exposés à une arnaque au cours des 12 derniers mois ; 23% ont perdu de l'argent. GASA (Global Anti-Scam Alliance), Global State of Scams 2025
Note de méthode : le rapport GASA 2024 (« 1,03 billion USD perdus dans le monde ») et le rapport GASA 2025 (442 Md$, 57% d'adultes exposés) utilisent des méthodologies différentes et ne doivent pas être additionnés. Nous citons ici la version 2025.

Seule une infime partie des victimes récupère son argent : selon GASA, 4% seulement des victimes dans le monde parviennent à se faire rembourser — un chiffre qui explique en partie pourquoi la prévention en amont compte davantage que la réaction après coup.

2. Notifications, attention et charge cognitive

Au-delà du risque financier direct, la recherche en psychologie cognitive documente depuis près de vingt ans le coût réel des interruptions numériques sur l'attention — un terrain que le spam et les tentatives d'arnaque viennent aggraver, puisqu'ils ajoutent des sollicitations non désirées à un flux déjà saturé.

Le coût des interruptions

Les travaux fondateurs de Gloria Mark (UC Irvine) sur l'interruption au travail montrent qu'il faut un temps significatif pour retrouver le même niveau de concentration après une interruption. Dans son livre Attention Span (2023), elle documente que la durée moyenne d'attention portée à un écran, mesurée sur le terrain, est tombée à environ 47 secondes. Sophie Leroy (2009) a par ailleurs formalisé le concept de « résidu attentionnel » : une partie de l'attention reste accrochée à la tâche interrompue, dégradant la performance sur la tâche suivante — un mécanisme directement pertinent pour comprendre l'effet d'une notification non sollicitée.

Notifications et hyperactivité attentionnelle

Une étude expérimentale de Kushlev, Proulx & Dunn (CHI 2016, 221 participants, une semaine notifications activées vs désactivées) a montré que les notifications actives augmentent significativement les symptômes d'inattention et d'hyperactivité, avec un effet négatif mesurable sur le bien-être et la productivité perçue.

La simple présence du téléphone

Une étude souvent citée (Ward, Duke, Gneezy & Bos, 2017) a montré que la simple présence d'un smartphone à proximité — même éteint — peut réduire la capacité cognitive disponible, l'effet étant plus marqué chez les utilisateurs les plus dépendants à leur appareil. Une méta-analyse plus récente (2023) nuance toutefois l'ampleur de cet effet, le trouvant plus faible et moins constant selon les échantillons — un point de prudence scientifique à conserver.

« Vibrations fantômes »

Le phénomène des vibrations fantômes — ressentir une notification qui n'a pas eu lieu — a été documenté dans plusieurs études, avec des taux allant d'environ 54% à plus de 90% selon les populations étudiées (personnel médical, étudiants), signe d'un état d'alerte permanent entretenu par le flux de sollicitations.

Extension de soi et surcharge numérique

Sur le plan théorique, la recherche en psychologie de la consommation (Belk, 1988 puis 2013) décrit le smartphone comme une véritable extension du soi — un objet vécu non pas comme un simple outil, mais comme un prolongement de l'identité. Des travaux plus récents (Park & Kaye, 2019) confirment que les utilisateurs intensifs vivent leur téléphone comme une extension fonctionnelle et quasi ontologique d'eux-mêmes. Cette proximité affective explique pourquoi la pollution constante de l'appareil par le spam et les tentatives d'arnaque a un impact qui dépasse la simple gêne technique : elle s'apparente à une intrusion dans un espace personnel. Des méta-analyses récentes sur la nomophobie (peur d'être séparé de son téléphone) estiment qu'environ 20% des personnes étudiées présentent des symptômes sévères et environ 50% des symptômes modérés.

3. Impact psychologique sur les victimes d'arnaques

Être victime d'une arnaque n'est pas qu'une perte financière. La recherche institutionnelle et académique documente des conséquences psychologiques significatives, souvent minimisées.

~2/3 des victimes de fraude financière rapportent au moins une conséquence non financière grave : stress sévère (50%), anxiété (44%), troubles du sommeil (38%), dépression (35%). FINRA Investor Education Foundation, "Non-Traditional Costs of Financial Fraud" (2015)
47% des victimes s'auto-blâment pour ce qui leur est arrivé — un facteur clé qui freine le signalement et l'accès à un accompagnement. FINRA Investor Education Foundation, "Blame and Shame in the Context of Financial Fraud"

Une revue systématique publiée dans Frontiers in Psychology (2026) sur les séquelles psychosociales de la victimisation par fraude conclut que celle-ci est associée à l'anxiété, la dépression, la honte et une érosion durable de la confiance — des conséquences que les systèmes de soin reconnaissent encore insuffisamment. AARP documente également, dans son accompagnement des victimes, des cas allant jusqu'au stress post-traumatique dans les suites d'une arnaque, la honte étant le principal frein au signalement.

4. Spécificités régionales

L'exposition au spam et aux arnaques varie fortement selon les régions du monde, à la fois par volume et par typologie. Egidio n'a pas de préférence géographique : la donnée montre que le problème est mondial, avec des points chauds identifiés.

68 Md appels identifiés comme spam ou frauduleux dans le monde en 2025. Truecaller Insights 2025
79% des appels provenant de numéros inconnus reçus en Indonésie sont du spam ou une tentative de fraude — le taux le plus élevé mesuré, suivi du Chili (70%). Truecaller Insights 2025
18–37 Md$ pertes estimées des victimes de centres de fraude organisée en Asie de l'Est et du Sud-Est pour la seule année 2023, avec une hausse de plus de 600% des contenus deepfake liés à la fraude au début 2024. UNODC, "Inflection Point" (2025)

En Afrique, Interpol documente la fraude via mobile money comme un vecteur central du crime organisé sur le continent, dans un contexte où le paiement mobile joue un rôle économique beaucoup plus central qu'en Europe ou en Amérique du Nord.

5. Seniors et populations vulnérables

4,885 Md$ pertes des victimes de 60 ans et plus aux États-Unis en 2024 (+43% sur un an), pour 147 127 plaintes. Perte moyenne : 83 000 $, contre environ 19 000 $ tous âges confondus. FBI IC3, Elder Fraud Report 2024

La recherche académique affine la lecture : une revue systématique publiée dans Frontiers in Psychology (2022) souligne qu'il n'existe pas de preuve solide que les seniors soient globalement plus souvent victimisés que le reste de la population — en revanche, ils perdent en moyenne beaucoup plus par incident, et certains facteurs (isolement social, déclin de la mémoire épisodique, ralentissement du traitement de l'information) augmentent leur vulnérabilité face à des scénarios spécifiques. Une étude publiée dans PNAS Nexus (2024) associe la vulnérabilité au phishing à la combinaison de l'âge, d'un marqueur génétique (APOE e4) et d'un niveau de cognition plus bas ; les travaux du Rush Memory and Aging Project montrent par ailleurs qu'un déclin cognitif léger, même non diagnostiqué, prédit une susceptibilité accrue aux arnaques.

Pourquoi cette recherche compte pour Egidio

Ces données confirment deux principes qui guident la conception d'Egidio : bloquer le spam et les arnaques n'est pas qu'une question financière, c'est aussi une manière de redonner le contrôle sur son attention et de réduire une charge mentale documentée par la recherche. Et la vulnérabilité aux arnaques n'étant pas uniforme, une protection efficace doit être globale et adaptative plutôt que pensée pour un seul marché ou une seule tranche d'âge.

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Méthodologie et sources

Chaque chiffre cité sur cette page provient d'un rapport officiel (régulateur, agence gouvernementale), d'une étude académique publiée, ou d'un rapport d'entreprise clairement identifié comme tel. Nous excluons volontairement les statistiques que nous n'avons pas pu vérifier auprès d'une source primaire. Cette page est mise à jour au fil des nouvelles publications.