Qu'est-ce qu'une SIM farm ?
Un boîtier "SIM-box" fait fonctionner simultanément des dizaines, parfois des centaines de cartes SIM. Loué comme un service à des acheteurs criminels, il permet de créer en masse de faux comptes en ligne, de faux numéros, ou de faire transiter des appels et SMS à grande échelle — souvent pour contourner les filtres et se faire passer pour un numéro local.
L'opération qui a révélé l'ampleur du phénomène
Le réseau démantelé alimentait un éventail large de fraudes — hameçonnage, extorsion, fraude à l'investissement, arnaques sur des sites de petites annonces — avec des pertes déjà chiffrées chez les victimes identifiées : environ 5,2 millions de dollars sur 1 700 dossiers autrichiens, près de 490 000 dollars sur 1 500 dossiers lettons.
Pourquoi cette industrie ne s'arrête jamais complètement
Un réseau démantelé n'est pas le seul au monde — c'est un modèle économique, pas un incident isolé. Tant que louer un accès à des dizaines de milliers de numéros reste rentable pour des criminels, de nouveaux réseaux prennent le relais. C'est pour cette raison structurelle qu'un filtrage qui s'adapte en continu, plutôt qu'une liste figée de numéros bloqués, reste nécessaire.
Autres marchés couverts : Maroc, Algérie, Tunisie
L'industrie des SIM farms et des centres d'appels frauduleux n'épargne pas le Maghreb — avec des réponses très différentes selon les pays, entre démantèlements ponctuels et durcissement réglementaire préventif.
🇲🇦Maroc
La DGSN a démantelé un réseau opérant depuis cinq centres d'appels fictifs répartis dans plusieurs villes marocaines : les appelants composaient un numéro enregistré à l'étranger avec une seule sonnerie pour inciter la victime à rappeler, avant de router l'appel vers ces centres qui prolongeaient artificiellement la communication pour épuiser le crédit et faire payer des tarifs internationaux à l'opérateur national. 94 employés et 6 gérants ont été interpellés, pour des pertes chiffrées à plus de 2 millions de dirhams.
Source : DGSN, relayée par Article19.ma (24/04/2019) et Sputnik France (25/04/2019).🇩🇿Algérie
Aucun démantèlement majeur de SIM farm n'a été rendu public côté algérien à ce jour — mais le pays a choisi la voie réglementaire préventive : depuis le 1er janvier 2025, toute activation de carte SIM doit obligatoirement passer par une plateforme numérique sécurisée enregistrant l'identité réelle du client, mesure annoncée par le ministre de la Poste et des Télécommunications Sid Ali Zerrouki. L'ARPCE a aussi lancé en décembre 2025 le service Arkami DZ, qui permet à chaque abonné de vérifier combien de cartes SIM sont enregistrées à son nom.
Source : ministère de la Poste et des Télécommunications (Algérie), relayé par Mobile Algérie et Algerie360 (2025) ; ARPCE, décembre 2025.🇹🇳Tunisie
Le 14 février 2024, la Garde nationale tunisienne a démantelé un réseau exploitant la technique du "bypass" — détourner des appels internationaux vers les réseaux locaux pour échapper aux tarifs réglementés. Saisie : 6 790 cartes SIM, 850 cartes de recharge et plus de 13 000 dinars en espèces.
Source : Garde nationale, relayée par Tunisie Numérique et Directinfo (14/02/2024), via Africa Cybersecurity Magazine.Trois approches, un même constat : tant que louer l'accès à des milliers de numéros reste rentable, l'industrie se déplace plutôt qu'elle ne disparaît — d'où l'intérêt d'un filtrage qui protège tout un foyer. Le mode Famille (« Le Cercle ») d'Egidio couvre jusqu'à 4 téléphones pour un seul abonnement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une SIM farm ?
Un boîtier capable de faire fonctionner des dizaines ou des centaines de cartes SIM simultanément, loué comme service à des criminels pour générer de faux numéros, de faux comptes ou des appels/SMS en masse.
Ce genre de réseau a-t-il vraiment été démantelé ?
Oui. En octobre 2025, Europol a coordonné l'opération SIMCARTEL avec les autorités autrichiennes, estoniennes, lettones et finlandaises : 1 200 boîtiers SIM-box et 40 000 cartes SIM actives saisis, 7 arrestations.
Pourquoi cela concerne-t-il directement les utilisateurs d'Egidio ?
Parce que ces réseaux sont la source technique d'une grande partie des appels et SMS frauduleux que reçoivent les particuliers — comprendre l'industrie derrière le spam aide à comprendre pourquoi il ne s'arrête jamais totalement, et pourquoi un filtrage local reste nécessaire.
Pour aller plus loin
Egidio — Laboratoire des menaces, « SIM farms & centres d'appels criminels », egidio.app/laboratoire/sim-farms-centres-appels/. Licence CC BY 4.0.
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